Le dessin libre à grande échelle,

ou la méthode Guinepied

01/11/2013

COUPDECŒUR 

veine impressionniste pimentée de I'apport coloré des fauvistes. Le tableau conservé à Nevers a été présenté au Salon des Artistes Français de 1911, année ou la jeune femme participe également au Salon des indépendants. En 1917 elle abandonne pratiquement la peinture au profit de I'encre, de la gouache et de l'aquarelle Parallèlement, elle s'engage dans un processus de synthétisation des formes qui va aboutir à partir de 1920 au style qui la caractérise, marqué par des motifs cernés à I'encre noire dans lesquels la couleur se répète en aplats identiques. Née dans la Nievre, elle retournera en Bourgogne dans I'Yonne où sa famille possède le chateau de Saint Moré. La nature est sa grande inspiratrice, I'univers aquatique tenant une place importante. Notre artiste va également s'intéresser à I'enseignement du dessin. En 1917 elle a pour élève la sœur de Gaston Chaissac, ce dernier lui attribuant sa vocation artistique. Helène Guinepied a mis au point une technique d'apprentissage destinée aux enfants, la méthode du «dessin libre à grande échelle». Entre 1920 et 1930 elle va également créer à Saint More les "ateliers villageois" où elle forme les jeunes filles des environs à la broderie et à la tapisserie. Le caractère tres art deco des productions de ces ateliers d'arts appliqués leurs valent dès 1921 d'être présents au Salon des Artistes Décorateurs. Là encore elle valorise la liberte de création. A Saint Moré, cette femme exposera également ses théories progressistes au jeune Jean Dubuffet... Une artiste influente! 

la méthode de dessin libre d'Hélène Guinepied est à l'origine de la vocation artistique de Gaston Chaissac (1910-1964) qui assistait aux cours de dessin donnés à sa soeur...

À PARIS / Hélène Guinepied, une redécouverte.

Largement oubliée, cette artiste semble promise à la reconnaissance autant pour son travail que pour ses théories, touchant aussi bien à l'enseignement du dessin qu'aux arts décoratifs. 

PAR SYLVAIN ALLIOD

ALLIOD@GAZETTE-DROUOT.COM 

Confidentiel, vous avez dit confidentiel? Le nom d'Hélène Guinepied est aussi bien absent de l'auguste Benezit que du plus "trendy" index d'Artprice recensant pas moins de 535 920 artistes. Côté ventes aux enchères aucun résultat n'est répertorié sur les sites dédiés, le dossier institutionnel se révélant tout aussi succinct, pas une de ses œuvres n'ayant apparemment été exposée depuis son décès en 1937 à I'exception d'un tableau montré au palais ducal de Nevers en 1999, pour I'exposition "Métiers d'hier en nivernais". Cette Porteuse d'eau appartient au musée municipal Frederic Blandin de la ville consacré à la faïence et qui vient de rouvrir ses portes. Cette institution conserve également deux gouaches de I'artiste dont un carton de tapisserie de 1921 intitulé "I'Hiver". Alors, Helene Guinepied serait-elle définitivement oubliée? Eh bien non. Une femme Sophie Mouchet, s'est passionnée pour elle, au point de lui consacrer un ouvrage, Hélène Guinepied Artiste Peintre publié en 2011 et dont une nouvelle édition est à paraître pas plus tard qu'au cours de ce mois de novembre. Signalons un site Internet (www.helene-guinepied.fr) et surtout que I'auteur s'est également attelée à la rédaction du catalogue raisonné de I'artiste. Y figureront les dix sept dessins proposés dans cette vente, offrant la possibilité de découvrir à Drouot l'œuvre d'une artiste marquée par lejaponisme et les exemples de Van Gogh de l'école de Pont Aven et des Nabis. Entrée aux Beaux Arts à Paris en 1909, Hélène Guinepied travaille d'abord à I'huile  dans une

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