BIOGRAPHIE D'UNE FEMME ARTISTE

Hélène Guinepied, 1883 - 1937 

1883

Naissance d’Hélène Gabrielle Elisabeth Guinepied le 27 avril à Brinon-les-Allemands (Nièvre), troisième enfant de Berthe Ferrier et Léon Guinepied après Alice (1880) et Paul (1881). 

 Edouard Manet meurt 3 jours après sa naissance, le 30 avril. Naissance de Marie Laurencin le 31 octobre.

1884 

Naissance de Gabrielle, quatrième enfant des Guinepied.

Création le 29 juillet de la Société des Artistes Indépendants.

1886

Léon Guinepied cède son étude de notaire et devient agriculteur à Aubigny (Nièvre).

1890

Jules Monteignier, artiste peintre nivernais et grand oncle d'Hélène, peint son portrait: première émotion artistique de la fillette.

Mort de Vincent Van Gogh 

1894

Léon et Berthe Guinepied quittent la Nièvre et emménagent à Paris. Paul est élève au lycée Charlemagne. Les filles sont pensionnaires chez les ursulines de Nevers.

1895 Mort de Berthe Morisot.

1897 Admissions des femmes à l'Ecole des Beaux-Arts.

1900 Inauguration du Grand Palais des Champs Elysées à l'occasion de l'Exposition Universelle à Paris.

1902

Mort de Léon Guinepied à l'âge de 52 ans. Il est enterré à Saint-Moré (Yonne), berceau de la famille.

1905

Hélène séjourne à Berck-sur-Mer chez son oncle Ferrier, frère de sa mère. Premiers cours de dessin avec Alice grâce à la Société d'Enseignement Moderne de Léopold Bellan.

Helene Guinepied atelier peinture

 Alice Guinepied (debout, de profil, derrière la femme assise en robe sombre) et Hélène Guinepied (quatrième debout au fond en partant de la droite, de profil, les cheveux relevés en chignon), au cours de peinture dans un atelier privé. Le modèle, un homme barbu, se tient au fond sous le préau. 

1906

Paul, lauréat des concours, obtient son diplôme de pharmacien. Année probable du déménagement de la famille pour la rue Oberkampf (Paris 11e).

1907

Mort de Jules Monteignier à Dompierre sur Nièvre.

1908

Hélène subit un épisode dépressif. Tensions familiales autour de la succession de Jules Monteignier.

1909

Hélène entre à l’Ecole Nationale des Beaux-arts, section de peinture, à Paris et obtient une subvention du Conseil Général de la Nièvre pour pouvoir poursuivre ses études. Elle étudie dans l'atelier de Ferdinand Humbert, et aura aussi comme professeurs François Schommer et Jules Adler. Ce dernier va particulièrement l'influencer: "Jules Adler, le maître dont les enseignements (...) ont été pour moi la révélation de ce que peut-être le travail heureux". Elle se lie d'amitié avec Suzanne Labatut, et avec le sculpteur nivernais Alix Marquet.

1910

Mariage de Gabrielle Guinepied avec René Jaminet, ingénieur, le 9 août à Paris.

Nouvelle subvention du Conseil Général de la Nièvre pour les Cours de peinture d’Hélène aux Beaux-Arts. Léon Bonnat , directeur de l’école, fournit un certificat mentionnant son assiduité et ses progrès.

1911

Première exposition d' Hélène Guinepied au Salon des Artistes Français au Grand Palais , Paris, et première exposition au Salon des Indépendants.

1912

Naissance de Madeleine Jaminet, mort de sa mère, Gabrielle, des suites de complications dues à l'accouchement.

Seconde exposition d'Hélène au au Salon des Indépendants et au Salon des Artistes Français. 

1913

Troisième exposition au Salon des Indépendants.

Première exposition d'Art moderne aux Etats-Unis, l'Armory Show, New York. Présence de nombreux artistes français. 

1914

Exposition Internationale Urbaine de Lyon : présente 12 panneaux décoratifs, représentant des paysages tropicaux,  pour le pavillon du Brésil.

Assassinat de Jean Jaurès : Paul Guinepied, présent sur les lieux, lui donne les premiers soins mais Jaurès ne peut être sauvé.

Début de la Grande Guerre.

1916

Acquisition du Château de Saint-Moré par la famille Guinepied et année probable d'emménagement 6 rue du Val de Grâce à Paris. Alfons Mucha a occupé un atelier à cette adresse de 1896 à 1906 environ.

1917

Hélène donne des cours de dessin à la sœur de Gaston Chaissac. Plus tard, Chaissac attribuera à Mademoiselle Guinepied la naissance de sa vocation d'artiste.

1920

Début des ateliers de broderie en plein air pour les jeunes filles de Saint-Moré et naissance des Ateliers Villageois d'Hélène Guinepied. Première exposition des travaux des Ateliers au Lyceum de Paris. Nouvelle période de création, Hélène rompt définitivement avec le classicisme de ses débuts, influencée par Paul Signac et Van Gogh. Naissance de la " "Méthode de dessin libre à grande échelle".

Hélène rencontre Jean Dubuffet qui séjourne à Saint-Moré.

1921

Hélène Guinepied expose au 12e Salon de la Société des Artistes Décorateurs au pavillon de Marsan (Paris). Elle expose ses peintures et dessins au Lyceum.

Elle participe à l'Exposition des Beaux-Arts à Nevers, organisée par la Société Artistique de la Nièvre. 

Le Figaro consacre un article aux Ateliers Villageois de Saint-Moré.

Paul Guinepied crée la revue mensuelle « Pages médicales et parisiennes ».

1922

Exposition régionale des Arts Appliqués, Rennes : Hélène  expose avec Raoul Dufy, Maurice Dufrène, Paul Follot,Blanche,Ory- Robin. Exposition des Beaux Arts à Nevers, organisée par la Société Artistique de la Nièvre.

 

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Jules Monteignier

Grand-oncle d'Hélène Guinepied, Jules Monteignier est né en 1836 à Dompierre sur Nièvre.

Il commence à se former au notariat, mais abandonne ses études pour se consacrer à la peinture, sa passion. Il part pour Paris, rejoint l'atelier de Charles Gleyre (1806-1874) où il côtoie, entre autres,  Monet, Renoir, Sisley, Whistler, qui sont de sa génération.

Monteignier expose régulièrement au Salon des Artistes Français à partir de 1864, ainsi qu'à l'exposition annuelle de la Société des Artistes de la Nièvre dont il est l'un des membres fondateurs.

Il est un fidèle et proche ami d'Achille Millien, poète et folkloriste nivernais, grand amateur d'art et fondateur de la revue du nivernais. 

Dans ses dernières années, Jules Monteignier quitte Paris pour se réinstaller à Dompierre sur Nièvre, dont il est maire. Il est aussi le propriétaire du château ainsi que des terres environnantes. 

Jules Monteignier meurt en 1907, sans descendance. Le musée de Varzy (58) et le musée municipal de Nevers possèdent des oeuvres du peintre dans leurs collections.

 

Détail du portrait de Gabrielle et Hélène Guinepied (à droite), vers 1890. Huile sur toile de Jules Monteignier, collection particulière

Une femme libre

Hélène Guinepied, ou la modernité d'une femme libre, en symbiose avec son époque.

 


Toute sa vie, Hélène Guinepied a cherché à conquérir son indépendance par le travail. Encore jeune dans une société d'après-guerre en pleine mutation qui offre aux femmes de nouvelles perspectives, elle comprend malgré tout qu'elle ne peut compter que sur elle-même si elle veut vivre sa vie d'artiste, sans contraintes. Séduite par l'idéal politique radical socialiste, sensible aux discours des féministes (elle sera proche de la journaliste et femme de lettre Fanny Clar), elle sera toute sa vie à l'écoute des populations rurales qu'elle connaît bien, en particulier des enfants. Hélène Guinepied ne pourra néanmoins échapper à une pesante solitude, en particulier à la fin de sa vie. 

Même si elle n'est pas parvenue à s'imposer durablement en tant qu'artiste (collectionneurs, marchands, semblent n’avoir jamais fait partie de ses fréquentations), elle a créa une entreprise artisanale qui lui permit de rémunérer aux moins dix personnes et s’efforça pendant des années de  vivre de son art : peintre, illustratrice, dessinatrice, brodeuse, couturière, créatrice de motifs et d’ornements (on dirait « designer »aujourd’hui), pédagogue et photographe à la fin de sa vie, combien de femmes artistes de sa génération ont-elles montré une telle variété de talents et de centres d’intérêt ? Elles ne sont pas nombreuses… Hélène Guinepied fut une artiste d'une grande modernité, qui se nourrissait de l'air du temps...

 

                                                   

Entre ce bois gravé d'Hélène Guinepied, vers 1925 et le vase Bacchantes créé par René Lalique en 1927, la ressemblance des formes et des mouvements est frappante.  

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2017  Hélène Guinepied